Média - Presse

Arjowiggins  » Une décision inhumaine, déconnectée des réalités » [Réactions]

Le placement en liquidation judiciaire de l’entreprise Arjowiggins de Bessé-sur-Braye ce vendredi matin, par le tribunal de commerce de Nanterre, suscite des nombreuses réactions.

Dominique Le Mèner, président du Conseil départemental de la Sarthe, estime que la décision est « inhumaine, déconnectée des réalités ».

« Suite à l’annonce ce matin de la liquidation judiciaire d’Arjowiggins, le premier sentiment  que je ressens est une colère froide sur l’aboutissement de ce dossier qui ne prend pas en  compte l’originalité des productions de cette entreprise, notamment dans le domaine du papier recyclé. Depuis de nombreuses années, le Département était client de l’entreprise de Bessé-sur-Braye, sur lequel est imprimé le magazine « La Sarthe ».

C’est une décision profondément anti-économique, anti-sociale et anti-environnementale. Une décision inhumaine, déconnectée des réalités. Malgré la perte de la compétence économique, depuis la loi NOTRe, j’ai agi avec le Conseil Régional, pour trouver des financements nécessaires à une proposition de reprise. Pour tous ceux qui se sont mobilisés, c’est évidemment une déception profonde de ne pas avoir vu de solution aboutir, dans un délai qui était trop court. […]

Nous allons poursuivre, dans le cadre du projet porté par les salariés de l’encadrement, et demander à l’Etat de conserver sur les territoires les financements et les moyens qu’il a annoncés pour venir en aide au repreneur potentiel. Je ne me résigne pas, je ne me résignerai jamais ! 

Le Département est aux côtés de tous les habitants du territoire et continuera d’agir avec le Conseil Régional pour faire face à cette situation dramatique. Je souhaite apporter tout mon soutien aux salariés et à leurs familles.

Je me félicite, par ailleurs, que la qualité d’une entreprise sarthoise, CGMP, et la compétence de ses dirigeants Céline et François Bourdin, aient été reconnues par la décision du Tribunal de retenir leur offre de reprise d’une partie de l’activité du site de Saint-Mars-la-Brière  »

Le Préfet de la Sarthe a exprimé, dans un communiqué, sa solidarité avec les salariés de l’usine.

« Face à cette annonce, le Préfet de la Sarthe souhaite exprimer sa solidarité, son entier soutien aux salariés de l’usine et à leurs familles et a pleine conscience de l’ampleur des difficultés auxquelles ils se trouvent aujourd’hui confrontés. »

Le Préfet de la Sarthe se tient personnellement à la disposition de la Direction et des représentants du personnel du site de Bessé-sur-Braye pour faire le point sur les dispositifs spécifiques mis en place au plan local.

D’ores et déjà, des outils sont mis à la disposition des salariés comme la cellule d’appui à la sécurisation professionnelle, le contrat de sécurisation professionnelle, et l’allocation temporaire dégressive. Ces mesures ont pour objectif d’accompagner individuellement chaque salarié dans sa recherche d’un nouvel emploi.

Par ailleurs, le Préfet de la Sarthe a décidé de réunir très rapidement le comité départemental de suivi composé avec la Présidente du Conseil régional, les élus et l’ensemble des services et partenaires concernés. »

Louis-Jean de Nicolaÿ et Jean-Pierre Vogel, sénateurs (LR) de la Sarthe évoquent dans un communiqué, « un véritable drame économique et humain »

« C’est une véritable catastrophe pour le département de la Sarthe. Malgré la mobilisation de la Région des Pays de la Loire, du Département de la Sarthe, des parlementaires et de tous les élus des territoires concernés, il n’a pas été possible de trouver des investisseurs privés. Malgré, les nombreux appels au Gouvernement et ce jeudi, encore, au Président de la République, l’Etat et la BPI n’ont pas été en capacité de sauver ces deux sites et les emplois de toutes ces familles sarthoises. Ce matin, nous pensons bien entendu aux salariés des deux sites qui se sont mobilisés depuis mois et qui étaient dans l’attente depuis des semaines. C’est un véritable drame économique et humain. C’est un gâchis industriel d’un savoir- faire exceptionnel. »

Nadine Grelet-Certenais, sénatrice (PS) de la Sarthe : « Bruno Le Maire et la BPI ont laissé filer ce fleuron »

Nadine Grelet-Certenais, sénatrice (PS) de la Sarthe, condamne fermement « le manque d’implication de l’Etat sur ce dossier industriel majeur pour le territoire sarthois ». La sénatrice accuse « le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, la Banque Publique d’Investissement (BPI) et les dirigeants du groupe » qui « ont décidé de laisser filer ce fleuron de la filière papetière française depuis 200 ans. À la différence des collectivités locales, ils n’ont pas joué leur rôle dans ce dossier qui était de protéger une industrie florissante. »

Nadine Grelet-Certenais ajoute que « l’heure est maintenant à l’accompagnement des salariés et à la solidarité. (…) Toute tentative de reprise, même partielle, doit être soutenue afin de préserver une activité et un savoir-faire sur une zone déjà fortement fragilisée, à condition bien sûr que l’état et la BPI soient acteurs de cette solution ».

Pour Marietta Karamanli, députée PS, c’est « une terrible nouvelle ».

« Je viens d’apprendre la très mauvaise nouvelle concernant l’entreprise Arjowiggins et ses deux sites Sarthois, fermeture pure et simple du site de Bessé-sur-Braye et reprise partielle du site de Saint-Mars-la-Brière. C’est une terrible nouvelle, un « couperet » pour les salariés et leurs familles, une défaite pour l’outil industriel et nos territoires. J’ai confirmé à Monsieur le Préfet ma proposition d’un accompagnement actif et pérenne des salariés par l’ensemble des acteurs de l’emploi dans notre département. Je souhaite aussi une forte mobilisation des entreprises et autres acteurs du développement pour pouvoir donner des perspectives aux salariés. »

La députée LREM de la Sarthe Pascale Fontenel-Personne a fait par de sa « tristesse » et de sa « colère ».

Le soutien de Le Mans métropole

Le maire du Mans et président de Le Mans métropole Stéphane Le Foll veut s’associer au plan d’urgence.

« Le placement d’Arjowiggins en liquidation judiciaire par le Tribunal de Nanterre est une décision incompressible qui touche plus de 700 emplois sur deux sites.

Il est en effet déplorable que des solutions de reprise ou la mobilisation de capitaux privés n’aient pu être obtenues, compte-tenu de l’impact d’une telle décision sur l’emploi de notre département.

En tout état de cause, Le Mans Métropole se mobilisera pour apporter son soutien aux salariés de l’entreprise, et pourra s’associer notamment au plan d’urgence exceptionnel mis en œuvre par la Région des Pays de la Loire.

Le Mans Métropole mettra en œuvre toutes les pistes possibles pour aider les salariés des bassins d’emploi de Bessé-sur-Braye et Saint-Mars la Brière ».

Le Medef Sarthe prêt à apporter son aide

Le Medef Sarthe « accueille avec tristesse et amertume » la décision du Tribunal de commerce de Nanterre ce jour, qui vient de statuer sur la liquidation du site sarthois de Bessé-sur-Braye (568 salariés).

Le MEDEF salue toutefois « l’action de Céline Bourdin, dirigeante de la CGMP à Tuffé et porte-parole de la French Fab Sarthe, dont l’offre de reprise du site de Saint-Mars-La Brière a été validée. Elle préserve la moitié des emplois sur place ».

Il annonce son souhait d’apporter toute son aide aux salariés concernés par la liquidation, en lien étroit avec la cellule de reclassement qui va être mise en place. « Ce soutien pourrait passer par un accompagnement personnalisé complémentaire des personnes volontaires et une ouverture des réseaux du Medef Sarthe, comme nous le faisons déjà avec succès dans le cadre du service emploi que nous avons mis en place depuis plus d’un an en faveur des conjoint(e)s du 2e Rima » explique Hervé Bryja, président de l’organisation.

Première adjointe au maire du Mans, Isabelle Sévère parle d’un « gâchis terrible et incompréhensible ».

Olivier Biencourt, conseiller régional et vice-président de Le Mans Métropole : « la Région doit être moteur de la dynamique de rebond »

« Le moment viendra où il faudra, en transparence, faire la lumière sur ce qui nous a menés à cette situation et à l’échec de tout plan de sauvetage. Sequana, et son actionnaire BPI, ne peuvent se dédouaner de leurs responsabilités ».

Pour le groupe socialiste, écologiste, radical et républicain, « dans le territoire de Bessé-sur-Braye, les moyens conséquents que la Région s’apprêtait à mettre en œuvre pour accompagner un potentiel repreneur privé, doivent être fléchés à destination de ce territoire ».

« Chef de file du développement économique, la Région doit être moteur de la dynamique de rebond qu’il convient d’enclencher. Nous sommes prêts à nous associer à toute initiative dans ce sens », ajoute Olivier Biencourt qui conclut : « A Saint-Mars-la-Brière, la reprise partielle par un acteur économique local permet une poursuite de l’activité. Les salariés qui ne pourront être repris doivent bénéficier de la même attention et de la même mobilisation ».

Sénatrice GRS de Paris, Marie-Noëlle Liennemann s’interroge sur le rôle de la BPI« dans cette débâcle ».

Christophe Chaudun, président de la communauté de communes du Gesnois Bilurien :

« L’annonce par le tribunal de commerce de Nanterre de la liquidation de l’entreprise Arjo Wiggins de Bessé sur Braye et la non reprise de l’ensemble des emplois sur l’entreprise du Bourray est une véritable catastrophe pour les salariés, l’emploi et le Département. Même si la reprise du Bourray par CGMP sauve une partie du site, notre pensée et message de soutien s’adresse en priorité à toutes celles et ceux qui perdent aujourd’hui leur travail. Après des semaines d’attente insoutenable, l’heure doit être à la remobilisation pour reclasser les emplois dans les entreprises du territoire et chacun doit y apporter sa contribution à son niveau de responsabilité. C’est ce que nous avons engagé au niveau de la Communauté de Communes du Gesnois Bilurien depuis plusieurs semaines en mettant en relation une entreprise en développement de notre secteur et Mme Bourdin dirigeante de CGMP afin que des reclassements soient proposés. Mercredi dernier nous avons également rencontré le PDG d’une entreprise en plein développement sur notre territoire en présence de Mme la sous préfète et évoqué ce même sujet. Nous continuerons à œuvrer sans relâche pour accompagner les salariés car humainement l’heure est à la solidarité. »

Pour Mathias Tavel, candidat de La France Insoumise aux élections européennes, la liquidation d’Arjowiggins « est une terrible nouvelle pour les salariés et leurs familles d’Arjowiggings à Bessé-sur-Braye, et au-delà des dizaines de communes frappées par ces centaines de suppressions d’emplois ».

La liquidation d’Arjowiggings « est aussi une preuve de tout ce qu’il faut changer dans les règles et politiques économiques ».

Il n’y voit pas « une fatalité. C’est le résultat de décisions politiques qui ont donné les pleins pouvoirs aux actionnaires contre les salariés, de règles européennes qui empêchent les aides publiques aux entreprises au nom d’un dogme de la concurrence libre et non faussée, d’un gouvernement qui n’a pas voulu nationaliser, même temporairement, pour donner le temps de construire une solution durable ».

Au Lude, les drapeaux ont été mis en berne à la mairie. La situation « nous rappelle Candia et la souffrance pour le territoire ». 

Source
Le Maine LibrePhoto CO - Josselin Clair
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer